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« Mieux que nos concurrents chinois » : Renault revendique l’efficacité de ses usines européennes

« Mieux que nos concurrents chinois » : Renault revendique l’efficacité de ses usines européennes

Renault défend l’efficacité de ses usines européennes au moment où l’industrie automobile mondiale fait face à une concurrence chinoise de plus en plus agressive. À cette occasion, François Provost a déclaré lors de la conférence « Future of the Car » du Financial Times, organisée entre le 12 et le 14 mai 2026, que la production européenne de sa marque surpassait ses concurrents chinois en matière d’efficacité industrielle. Le directeur général du constructeur français Renault a ainsi affirmé son indépendance stratégique.

Cette sortie médiatique intervient au moment où l’industrie mondiale subit la pression commerciale des nouveaux acteurs de la mobilité électrique. Pourtant, l’enseigne au losange ne voit pas la nécessité d’ouvrir ses chaînes de montage à des rivaux pour préserver ses parts de marché.

Une efficacité industrielle fièrement revendiquée

« Je pense que nos capacités de fabrication sont parmi les meilleures au monde. Je dirais même meilleures que nos concurrents chinois en termes d’efficacité de fabrication », a déclaré François Provost. La marque s’appuie désormais sur une réorganisation interne profonde pour réduire radicalement ses cycles de développement.

Le groupe optimise le coût et la vitesse de conception de ses futurs modèles en exploitant intelligemment les chaînes d’approvisionnement asiatiques. Ainsi, son plan stratégique prévoit de développer l’intégralité de sa gamme européenne en moins de 24 mois. « Le défi réside dans la recherche et le développement, la technologie, la vitesse, l’innovation. C’est là que nous rattrapons notre retard », a ajouté le responsable.

Restructuration interne et indépendance assumée

L’implantation expérimentale d’un centre d’ingénierie en Chine suscite des interrogations, d’autant qu’elle coïncide avec la suppression de 20 % des effectifs de l’ingénierie mondiale. Toutefois, la direction assure qu’il ne s’agit pas de remplacer des profils européens par des ingénieurs chinois. « Nous développerons nos voitures européennes en Europe », a précisé le dirigeant.

La firme maîtrise son outil industriel avec des usines tournant actuellement à 85 % de leur capacité totale. « Je n’ai pas de capacité inutilisée », a répondu Provost, se distançant ouvertement de Stellantis qui a mené des discussions avec plusieurs partenaires chinois. Cette rigueur découle des réorganisations passées menées sous l’égide de Luca de Meo, dont la R5 électrique figure parmi les meilleures ventes en France.

Pour compenser sa taille, le groupe s’appuie sur des alliances ciblées avec Ford en Europe ou Geely au Brésil et en Corée du Sud. La marque privilégie une logique de projets ciblés plutôt qu’une consolidation globale avec un autre géant du secteur. « Nous sommes une entreprise indépendante. Nous ne dépendons de personne. Et nous sommes capables de tracer une voie de croissance durable pour notre entreprise », a déclaré le responsable. « Je ne prévois pas de coopération plus large… la méthode projet par projet est meilleure que toute autre forme de consolidation », a-t-il insisté.

L’Alliance avec Nissan reste ouverte aux opportunités

Cette philosophie préserve l’équilibre avec Nissan, partenaire historique depuis 1999 avec des participations croisées de 15 % dans le capital. Le directeur de la firme japonaise, Ivan Espinosa, souhaite élargir ce travail commun : « Nous travaillons ensemble depuis un certain temps, nous nous connaissons bien… et nous essayons de construire davantage, car le potentiel de création de valeur reste très important », a-t-il déclaré.

Dès lors, Nissan pourrait solliciter le savoir-faire de Renault ou des acteurs chinois pour obtenir un produit compétitif à moindre coût. « Avec une fraction de l’investissement, nous pouvons accéder à un produit compétitif. Et dans le cas de Renault, inversement, ils obtiennent des économies d’échelle », a détaillé le responsable nippon. « Il n’y a pas de discussion pour le moment, mais toutes mes plateformes sont ouvertes à Nissan », a conclu François Provost.