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Voitures électriques : l’Europe accélère avec une hausse de 34 % en avril

Voitures électriques : l’Europe accélère avec une hausse de 34 % en avril

Les voitures électriques neuves affichent une progression spectaculaire de 34 % en Europe pour le mois d’avril. Selon des statistiques obtenues par Reuters auprès de New Automotive et E-Mobility Europe, ce sursaut concerne seize marchés majeurs représentant plus de 80 % des ventes de l’Union européenne et de l’Association européenne de libre-échange. Cette tendance positive apporte un soutien bienvenu à l’industrie automobile continentale. L’adoption de ces motorisations propres accusait un retard sur les prévisions en 2025 malgré une croissance globale de 30 %. Les géants Volkswagen et Stellantis avaient même dû enregistrer de lourdes dépréciations d’actifs à cause d’une demande jugée trop faible. La hausse des prix des carburants provoquée par le contexte géopolitique au Moyen-Orient explique en partie ce changement de comportement des acheteurs.

Une ruée sur les modèles neufs et d’occasion chez les constructeurs

Les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran fin février ont entraîné des perturbations de l’approvisionnement énergétique, propulsant le pétrole à des niveaux nettement supérieurs à ceux observés avant la crise. Le Royaume-Uni se retrouve particulièrement exposé à l’inflation et à la hausse des prix alimentaires en tant qu’importateur net d’énergie. Le spécialiste britannique Octopus Electric Vehicles illustre parfaitement cet engouement généralisé. La société enregistre une hausse annuelle massive de 95 % pour la demande de modèles neufs et de 160 % pour les véhicules de seconde main.

Par ailleurs, cette accélération se manifeste dans des pays déjà convertis comme le Danemark et les Pays-Bas, mais aussi en Italie où le marché peinait à décoller. Le constructeur suédois Volvo Cars note un afflux de commandes pour son SUV compact EX30. Les acheteurs se montrent très sensibles aux fluctuations du prix du brut. Erik Severinson, le directeur commercial de la marque, signale également une hausse des requêtes en Europe du Sud où la pénétration reste faible.

La marque française Renault observe une évolution similaire avec des résultats très solides au Royaume-Uni. Les modèles rechargeables représentent désormais 50 % de ses immatriculations d’avril sur le sol britannique. De plus, les demandes d’informations sur son site internet ont bondi de 48 % depuis le début de la crise. Adam Wood, le directeur général de Renault UK, qualifie cette situation de changement sismique. Une source interne au constructeur indique que l’entreprise travaille déjà à augmenter la production pour répondre aux commandes.

Du côté du groupe Volkswagen, les marques Seat et Cupra connaissent une dynamique comparable en Allemagne. Le dirigeant Markus Haupt indique que les modèles électriques représentent près de 60 % des commandes. Ce résultat dépasse largement le quota initial de 25 % fixé par l’entreprise pour l’année en cours. Toutefois, les acheteurs modifient leurs habitudes de manière encore plus radicale sur les plateformes numériques de revente.

La forte poussée des marques chinoises sur les plateformes en ligne

Les places de marché en ligne subissent une transformation profonde des choix des utilisateurs. En Allemagne, le portail Carwow révèle que la part des recherches pour les véhicules à batterie atteint désormais 75 % contre 40 % auparavant. Les modèles thermiques traditionnels s’effondrent en parallèle, tombant à seulement 16 % des consultations contre 33 % précédemment. Philipp Sayler von Amende, le directeur de Carwow Allemagne, souligne la poussée spectaculaire des constructeurs chinois qui quittent leur statut de marques de niche.

Ainsi, les demandes de prix pour le constructeur BYD ont enregistré un bond vertigineux de 25.000 % au premier trimestre, tandis que Leapmotor progresse de 436 % et Xpeng de 153 %. En France, la plateforme OLX constate une hausse de 80 % des requêtes de la part des internautes. Les précédentes crises énergétiques, notamment celle des années 1970, poussaient déjà les usagers vers des voitures économes avant un retour rapide aux anciennes habitudes. Cependant, la situation actuelle pourrait s’inscrire dans la durée suite aux nouvelles préoccupations sur la sécurité énergétique. Christian Gisy, le président d’OLX, explique que les consommateurs européens effectuent désormais un choix immédiat en faveur des technologies électriques.