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Polestar 4 : le SUV coupé électrique remplace la lunette arrière par une caméra

Polestar 4 : le SUV coupé électrique remplace la lunette arrière par une caméra

La nouvelle Polestar 4 fait une entrée remarquée dans le monde de l’automobile électrique haut de gamme. Ce modèle audacieux bouscule délibérément les codes esthétiques traditionnels grâce à son design futuriste. Une silhouette profilée est fièrement affichée par ce véhicule inédit issu d’une collaboration premium suédo-chinoise.

Sa particularité la plus visible tient à l’absence totale de lunette arrière. The Wall Street Journal s’est ainsi interrogé sur ce choix inhabituel : le public est-il prêt pour une voiture dépourvue de vitre arrière ? Sur la Polestar 4, la vision directe est remplacée par une caméra dédiée et un affichage numérique installé à l’emplacement habituel du rétroviseur intérieur.

La voiture constitue le quatrième modèle de Polestar, marque premium issue de l’ancienne division sportive de Volvo Cars et liée au groupe chinois Geely Holding. Présentée comme un SUV coupé électrique à quatre portes, elle adopte une partie arrière fermée, avec un toit vitré qui rejoint directement la carrosserie inclinée juste au-dessus de l’essieu arrière.

Une vision arrière entièrement numérique

La suppression de la lunette arrière modifie profondément l’architecture visuelle de la Polestar 4. Le hayon est intégré aux lignes géométriques de découpe de la carrosserie, tandis que le toit vitré s’étend légèrement au-delà des appuie-tête arrière. Au fond de l’habitacle, cette configuration laisse place à un ciel de toit noir dans la zone située derrière les occupants.

Pour assurer la visibilité arrière, le conducteur dispose toujours des rétroviseurs extérieurs. Ils sont complétés par des capteurs ultrasoniques à courte portée, quatre caméras destinées à la vision à 360 degrés et une caméra arrière spécifique.

Les images captées à l’arrière sont transmises à un écran placé en haut du pare-brise. Celui-ci reprend la forme d’un rétroviseur intérieur classique afin de conserver un repère visuel familier pour le conducteur. L’affichage propose une image inversée, à la manière d’un miroir traditionnel, ainsi que des superpositions graphiques et des alertes sonores pour faciliter les manoeuvres.

Le dispositif bénéficie aussi d’une fonction d’atténuation automatique destinée à limiter l’éblouissement. La qualité d’affichage et la sensibilité en faible luminosité permettent d’évaluer les distances avec suffisamment de précision dans un usage quotidien.

Ce choix peut néanmoins susciter des interrogations. Lors d’une marche arrière, la Polestar 4 ne permet plus de vérifier directement ce qui se trouve derrière la voiture à travers une surface vitrée. Le conducteur dépend donc entièrement des caméras, des capteurs et de l’écran intérieur.

Ce principe n’est toutefois pas inédit dans l’univers automobile. Certains fourgons utilitaires et poids lourds circulent déjà sans visibilité directe à travers une lunette arrière, en s’appuyant sur les rétroviseurs extérieurs et, de plus en plus, sur des caméras. Le choix de Polestar se distingue néanmoins par son application à un SUV coupé électrique haut de gamme, où l’absence de vitrage arrière relève aussi d’une démarche esthétique et aérodynamique.

L’aérodynamisme au coeur du choix technique

L’absence de lunette arrière ne répond pas uniquement à une intention stylistique. Cette configuration doit aussi favoriser l’efficacité aérodynamique du modèle électrique. Une vitre arrière suffisamment grande pour offrir une réelle visibilité aurait modifié l’écoulement de l’air sur la partie inclinée de la carrosserie, avec davantage de turbulences et de traînée.

Sur une voiture électrique, la résistance aérodynamique constitue un élément important pour préserver l’autonomie. En supprimant cette surface vitrée, Polestar peut travailler une ligne arrière plus continue, sans devoir composer avec les contraintes habituelles liées à la visibilité directe.

The Wall Street Journal rappelle également que la vision offerte par un rétroviseur central est déjà limitée sur plusieurs véhicules modernes. Dans un grand SUV, la lunette arrière peut se trouver à environ trois mètres du miroir intérieur, avec deux rangées d’appuie-tête entre les deux. Son bord inférieur peut aussi être situé à près de 1,5 mètre du sol, rendant un cône de signalisation invisible à moins d’environ 10,7 mètres.

L’histoire automobile a déjà connu des solutions particulières pour compenser une visibilité arrière réduite. En 1974, le prototype conçu par Marcello Gandini pour la future Lamborghini Countach LP400 prévoyait un périscope orienté vers l’arrière, intégré dans une rainure du toit. Ce dispositif n’a pas été conservé sur le modèle de série, mais la forme particulière du pavillon a subsisté et donné naissance au surnom « Periscopio ».

Cette question a également été mise en scène au cinéma. Dans le film « The Gumball Rally », sorti en 1976, le personnage interprété par Raul Julia arrache le rétroviseur de sa Ferrari Daytona avant de lancer : « Première règle de la conduite italienne : ce qui se trouve derrière moi n’a aucune importance. »

Deux versions électriques proposées en France

En France, la Polestar 4 est proposée avec deux configurations électriques. La gamme débute avec la version Rear motor, affichée à partir de 49.900 euros. Cette variante à propulsion développe une puissance de 200 kW, soit 272 ch, et un couple de 343 Nm.

La Polestar 4 Rear motor réalise le 0 à 100 km/h en 7,1 secondes. Elle revendique une autonomie allant jusqu’à 620 kilomètres selon le cycle WLTP. Cette version reçoit des roues Aero de 20 pouces, un châssis standard dynamique et des étriers de frein anodisés.

La version Dual motor est commercialisée à partir de 57.900 euros sur le marché français. Elle adopte une transmission intégrale permanente, grâce à la présence d’un moteur électrique à aimants permanents refroidi par liquide sur chacun des deux essieux.

Avec le Pack Performance, cette configuration à deux moteurs développe une puissance cumulée de 544 ch et un couple d’environ 686 Nm. Elle reçoit également des jantes en aluminium forgé de 22 pouces. Le modèle accélère de 0 à environ 97 km/h en 3,7 secondes, selon la mesure américaine communiquée.

Une batterie de 100 kWh et une recharge rapide de 200 kW

La Polestar 4 Dual motor embarque une batterie lithium-ion de 100 kWh reposant sur des cellules nickel-manganèse-cobalt. Son architecture électrique fonctionne sous une tension de 400 volts. La puissance maximale de recharge rapide en courant continu atteint 200 kW, avec un passage de 10 à 80 % annoncé en 30 minutes.

Dans sa déclinaison équipée du Pack Performance, la voiture affiche une autonomie estimée à environ 410 kilomètres selon le cycle américain EPA. Ce chiffre ne peut pas être comparé directement aux 620 kilomètres WLTP annoncés pour la version Rear motor en France, les deux valeurs étant établies selon des normes différentes.

Dans sa configuration Dual motor, la Polestar 4 mesure environ 4.839 mm de long, 2.139 mm de large et 1.534 mm de haut. Son empattement approche 2.997 mm, tandis que son poids à vide atteint environ 2.355 kg. Sa capacité de remorquage s’établit autour de 1.587 kg, et son volume de chargement varie d’environ 527 à 1.535 litres selon la position des sièges.

La Polestar 4 combine ainsi deux versions électriques, une autonomie WLTP allant jusqu’à 620 kilomètres en France et une architecture intérieure marquée par l’abandon complet de la lunette arrière au profit d’une caméra et d’un affichage numérique.