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Accidents de voiture : pourquoi les femmes paient un tribut plus lourd que les hommes

Accidents de voiture : pourquoi les femmes paient un tribut plus lourd que les hommes

La sécurité routière fait face à un défi important concernant les différences de protection entre les femmes et les hommes lors des accidents de voiture. Une étude scientifique de l’Université de technologie de Graz (TU Graz), en Autriche, met en évidence un risque de blessure plus élevé pour les femmes. Dans les accidents impliquant exactement un homme et une femme à bord du même véhicule, le risque moyen d’être blessée atteindrait 89,6 % pour les femmes, contre 56,5 % pour les hommes. Ainsi, ce danger s’avère environ 1,6 fois plus élevé pour la population féminine. Les analyses montrent également que les femmes subissent plus fréquemment des blessures au thorax, à la colonne vertébrale et aux membres supérieurs.

L’équipe scientifique a exploité les données réelles d’accidents de la route survenus en Autriche entre 2012 et 2024, issues du système UDM (Unfalldatenmanagement). Les experts ont complété ce travail par une analyse approfondie de la base de données CEDATU (Central Database for In-Depth Accident Study). Les chercheurs ont ensuite sélectionné six accidents frontaux dans lesquels se trouvaient exactement deux occupants, un homme et une femme, et où la femme avait été plus gravement blessée sans raison évidente. Par ailleurs, ces accidents ont été reconstitués à l’aide de simulations par éléments finis et de modèles humains virtuels VIVA+ 50M et 50F. Les résultats indiquent un risque particulièrement élevé chez les femmes de plus de 50 ans lorsque les blessures graves ou mortelles (KSI) sont prises en compte. De plus, les femmes tendent à subir des blessures de même gravité à des vitesses de collision inférieures à celles des hommes. Cet écart se manifeste de façon plus marquée pour les blessures graves et fatales, même s’il n’atteint pas le seuil de significativité statistique.

Une position sur le siège passager qui aggrave les risques

Dans l’analyse portant sur des véhicules occupés par un homme et une femme, les deux occupants subissaient le même accident et la même configuration de véhicule. Les différences observées ne peuvent donc pas s’expliquer uniquement par le type de voiture ou les caractéristiques générales du choc. Le fait que les femmes occupent plus fréquemment la place de passager accentue cet écart : dans les accidents où l’occupante était plus gravement blessée que l’homme, les femmes se trouvaient plus souvent à la place passager, cette configuration représentant 48,37 % des cas où la gravité des blessures différait.

Dans les simulations portant sur les six collisions frontales reconstituées, la position du siège passager a constitué, dans de nombreux cas, le facteur le plus influent sur le risque de blessure. Le limiteur d’effort de la ceinture a également joué un rôle important. Selon l’étude, les niveaux de force retenus semblaient, dans certains cas, encore trop élevés pour les occupantes féminines. Toutefois, des limiteurs adaptatifs pourraient, à l’avenir, permettre d’ajuster les forces de retenue selon le profil de l’occupant.

Des recommandations concrètes pour l’industrie

Les auteurs de l’étude recommandent que les futurs systèmes de sécurité soient mieux adaptés aux différentes morphologies et positions assises. Ils appellent à renforcer la robustesse des systèmes de retenue. Les airbags et les ceintures pourront protéger au mieux les occupants, y compris lorsque leur constitution physique ou leur position dans l’habitacle varie.

Les chercheurs recommandent également d’intégrer davantage les variations de position du siège dans les futures évaluations de sécurité. Le recours à des modèles humains virtuels permettrait de tester la protection offerte à une plus grande diversité d’occupants. Cette méthode aiderait à mieux identifier les configurations dans lesquelles le risque de blessure augmente.

Les bons gestes à adopter dès maintenant

Les usagers peuvent agir immédiatement pour améliorer leur protection. Une position très reculée ou fortement inclinée peut réduire l’efficacité de la protection offerte par les ceintures et les airbags, qui sont conçus pour des positions plus standard. L’étude identifie ainsi la place du passager comme un point particulièrement sensible, notamment lorsque le siège s’éloigne d’une position normale.

Dans l’analyse du cas le plus grave, les chercheurs montrent également qu’une réduction de la friction entre l’occupant, le siège et la ceinture, par exemple en présence d’une veste d’hiver, peut favoriser un glissement sous la sangle abdominale dans certaines positions et accroître le risque de blessure. Ce point justifie, selon les auteurs, davantage de sensibilisation sur la position assise et les vêtements portés en voiture. Néanmoins, le coauteur de l’étude Felix Ressi recommande enfin de régler correctement sa ceinture : la sangle abdominale doit reposer sur l’os pelvien, tandis que la sangle diagonale doit passer sur le sternum et être alignée avec le milieu de la clavicule.