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Europe : 600.000 emplois menacés dans l’industrie automobile

Europe : 600.000 emplois menacés dans l’industrie automobile

Le secteur automobile européen fait face à des risques majeurs liés aux coûts énergétiques élevés, aux restructurations industrielles et à la transition écologique. Selon des chiffres consultés par Politico dans le paquet de printemps du Semestre européen, la Commission européenne doit mettre en garde contre des pertes d’emplois massives dans les prochaines années. Ce document officiel présente les recommandations économiques et politiques adressées aux pays de l’Union européenne.

De nombreuses pertes d’emplois sont redoutées par Bruxelles face à l’ampleur des défis actuels. Ces données illustrent les inquiétudes croissantes autour de la compétitivité du bloc.

L’industrie automobile face aux défis de la transition

Dans ce contexte, le secteur automobile européen figure parmi les plus exposés aux mutations industrielles. Environ 600.000 postes sont menacés au sein de l’industrie automobile alors que l’industrie doit s’éloigner des véhicules à moteur thermique tout en affrontant une forte concurrence chinoise.

Toutefois, des difficultés majeures touchent également d’autres filières technologiques de l’Union. Le secteur des batteries compte 85.000 emplois en péril, tandis que la fabrication solaire dénombre près de 59.000 emplois affectés par les pressions du marché. De plus, les mesures bas carbone pourraient impacter 4.500 postes dans la sidérurgie.

Pressions énergétiques et prévisions macroéconomiques

Par ailleurs, la stabilité économique européenne reste perturbée par des facteurs géopolitiques mondiaux. Le conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran continue d’affecter les cours du pétrole sans aucun signe d’apaisement. En 2026, ces pressions exercées sur les prix de l’énergie mettront en péril jusqu’à 560.000 emplois dans la construction, les métaux, la chimie et les transports.

Dans ce contexte de ralentissement, les prévisions du taux de chômage européen ont été révisées à la hausse à 6 % pour 2026 et 2027. En outre, le solde budgétaire général des 27 pays devrait se détériorer, passant de -3,1 % du PIB en 2025 à -3,5 % en 2026, puis à -3,6 % en 2027.

Priorité au capital humain et aux compétences

Ainsi, les nouvelles orientations stratégiques de l’exécutif européen vont cibler directement la valorisation de la main-d’œuvre. Pour la première fois, les recommandations de l’UE mettront un accent dédié sur l’éducation, la formation professionnelle, l’apprentissage des adultes et les compétences STEM. La vice-présidente exécutive Roxana Mînzatu a affirmé à Politico : « La compétitivité de l’Europe ne sera pas construite par la technologie, le capital ou la régulation financière seuls. Elle sera construite par les personnes, les compétences qu’elles développent et les opportunités que nous créons pour leur permettre de contribuer pleinement à nos économies et à nos sociétés. »

Elle ajoute que l’investissement dans les personnes devient, dans ce Semestre européen, un moteur central de compétitivité avec des orientations propres à chaque État membre. Cette orientation intervient alors que les employeurs européens signalent toujours des difficultés à trouver des travailleurs qualifiés. Des pénuries de compétences étaient signalées par 68 % des moyennes entreprises en 2023, devenant un frein à l’investissement pour 77 % des firmes en 2024.

Inégalités sociales et surveillance budgétaire

De surcroît, la Commission européenne pousse les pays vers des réformes visant à stimuler les compétences, améliorer la qualité des emplois et renforcer la protection sociale. Les ménages à faibles revenus pourraient supporter un coût additionnel équivalent à 1,4 % de leur revenu en raison de la hausse du prix des carburants de transport. Les inégalités touchent aussi les citoyens non européens, qui s’avèrent nettement plus susceptibles d’être surqualifiés pour leurs postes que les travailleurs nés dans le pays concerné.

Un travailleur sur cinq reste bloqué dans un emploi à bas salaire, et un sur douze fait face à un risque de pauvreté laborieuse. Sur le plan budgétaire, la trajectoire financière de la Bulgarie a été épinglée par une alerte rouge concernant ses dépenses. L’Allemagne, l’Estonie, la Lettonie et la Slovénie ont subi un examen similaire mais ne sont pas visés par une alerte à ce stade.