L’industrie automobile mondiale traverse une période de fortes pressions au début de l’année 2026. Selon une étude récente qui a été publiée par le cabinet de conseil EY le 5 juin 2026, les bénéfices des grands constructeurs automobiles allemands reculent nettement. Les trois géants d’outre-Rhin, Volkswagen, Mercedes-Benz et BMW, ont enregistré une baisse de 23 % de leurs profits au premier trimestre de cette année. De plus, cette baisse s’accompagne d’un repli de 4 % de leur chiffre d’affaires global.
Les entreprises allemandes sont d’ailleurs les seules à enregistrer un recul de leurs revenus sur cette période. À l’inverse, une augmentation du chiffre d’affaires de 6,7 % est affichée par les groupes européens Stellantis et Renault. Les constructeurs américains progressent quant à eux de 5 %, suivis par les firmes japonaises à 4,3 %, tandis que les acteurs chinois voient leurs revenus reculer de 1,4 %.
Des marges sous pression
La rentabilité globale du secteur subit actuellement de lourdes contraintes. Le niveau moyen de la marge bénéficiaire des 19 plus grands constructeurs mondiaux a été réduit à seulement 3,5 %, ce qui représente le seuil le plus bas depuis l’année de la pandémie de Covid-19 en 2020. Cependant, des écarts importants apparaissent dans le détail des performances individuelles.
Le fabricant japonais Suzuki domine le classement mondial avec une marge de 10,9 %, suivi par le groupe américain General Motors à 9,4 % et le sud-coréen Kia à 7,5 %. Plus bas dans la liste, BMW se positionne au quatrième rang avec 6,5 %, tandis que Mercedes-Benz atteint la sixième place à 6 %. Volkswagen se situe à la treizième position avec une marge bénéficiaire de 3,3 %.
Forte progression du résultat opérationnel américain
Concernant le bénéfice opérationnel (EBIT), l’écart se creuse nettement entre les constructeurs analysés. Le résultat opérationnel cumulé des 19 constructeurs analysés a été comprimé de 32,4 % pour s’établir à 17,2 milliards d’euros. Cette dynamique baissière s’explique en partie par des dépréciations liées à des investissements dans l’électrique. Par ailleurs, Honda a notamment procédé à des dépréciations de plusieurs milliards d’euros dans les voitures électriques. Les bénéfices opérationnels des constructeurs allemands reculent de 23,3 %, alors que les entreprises chinoises subissent un effondrement de 43,4 %.
À l’opposé, un bond spectaculaire de 82,9 % est enregistré par les constructeurs américains Ford, General Motors et Tesla. Cette progression américaine s’explique notamment par la protection du marché des États-Unis contre les produits étrangers. Ainsi, des sommes importantes ont été remboursées à ces constructeurs après l’annulation partielle de certaines taxes douanières sur les importations.
La Chine devient une source d’inquiétude
L’Empire du Milieu pèse de plus en plus lourd sur les résultats financiers des groupes européens. Les ventes des trois grands constructeurs allemands y ont plongé de 16 % durant le premier trimestre de cette année. Par conséquent, ce marché majeur se transforme désormais en source de préoccupation pour les groupes allemands.
Le marché chinois s’avère hautement concurrentiel et la faiblesse de l’économie locale affecte négativement la demande pour les voitures de luxe très coûteuses. Dans le segment en pleine croissance des véhicules électriques, les marques locales sont privilégiées par les consommateurs chinois. Toutefois, cette préférence nationale limite considérablement les chances des constructeurs allemands de générer des gains sur ce territoire.
Une mutation structurelle pour les constructeurs allemands
« La crise pour les constructeurs automobiles allemands n’est pas encore terminée », souligne Constantin Gall, expert du secteur chez EY. Une transformation structurelle profonde est subie par ce secteur historique.
Les résultats financiers sont impactés négativement par des marchés étrangers en recul, des surcapacités de production coûteuses, des investissements élevés dans les logiciels ainsi que par le déploiement tardif de l’électrique. L’environnement économique mondial se complique en raison des tensions géopolitiques, de la montée des barrières commerciales et des changements de politiques envers les technologies de propulsion. Face à ces barrières économiques, les constructeurs allemands ne bénéficient plus du libre-échange mondial comme auparavant.
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