La hausse du prix des carburants pousse une large part de la population à adapter ses habitudes de transport quotidien. Le site d’information 20 Minutes présente en exclusivité les résultats d’une enquête menée par le groupe Keolis. Cette étude montre un impact significatif sur les habitudes de mobilité en France. Les chiffres indiquent que 44 % des français interrogées ont réduit ou regroupé leurs déplacements en voiture au cours des six derniers mois. Ce phénomène de démobilité lié à la crise du carburant touche l’ensemble des territoires.
Le rationnement des sorties de loisirs et les inégalités territoriales
Les kilométrages hebdomadaires enregistrent une nette baisse à travers la France. Les gros rouleurs effectuant plus de 400 km par semaine passent de 7 % à 3 % de la population. À l’inverse, la catégorie de ceux qui font moins de 50 km par jour augmente de 22 % à 37 %. Les trajets professionnels représentent 30 % de l’ensemble des déplacements quotidiens. Cependant, ces trajets souvent contraints ne sont pas sacrifiés par les actifs.
Les renoncements concernent surtout les loisirs et les déplacements personnels. Six répondants sur dix ont renoncé au moins une fois à certains déplacements spécifiques. Le panel évoque notamment des restrictions sur les vacances ou les sorties amicales. Cette baisse d’activité s’observe plus fortement chez les 22 millions de Français qui vivent en dehors des métropoles. Par ailleurs, 39 % des habitants en zone rurale ont déjà renoncé à une sortie récréative. Ce taux baisse à 29 % pour les habitants de la ville-centre ou de la banlieue dense. Les grands centres urbains disposent d’une offre alternative publique plus diversifiée.
Une bascule progressive vers d’autres modes de transport
Les automobilistes adoptent différentes stratégies individuelles face à cette contrainte tarifaire. Outre la réduction des trajets, 32 % déclarent faire davantage de marche à pied. Environ 13 % font plus de vélo pour accomplir leurs déplacements. Un taux de 10 % des interrogés choisit le covoiturage pour diviser les coûts. Toutefois, une proportion de 24 % des personnes interrogées déclare n’avoir mis en place aucune action.
Sur la question des transports publics, 31 % des conducteurs de véhicules thermiques déclarent les utiliser davantage, dont 9 % de nouveaux clients. Cette bascule reste toutefois peu perceptible dans les chiffres de fréquentation. Les réseaux de transport de Lyon ou de Lille ne confirment aucune hausse spectaculaire. Seuls les réseaux proposant la gratuité, comme Montpellier, Dunkerque ou Niort, disent avoir constaté une hausse ces derniers mois.
Des perspectives d’évolution pour le parc et l’offre publique
La situation financière actuelle liée au prix des carburants est jugée intenable par 37 % des personnes interrogées. De plus, 18 % d’entre elles affirment qu’elle le sera au-delà de 2,20 euros le litre. Un tarif projeté à 2,50 ou 3 euros pourrait pousser les usagers à modifier leur stratégie de mobilité. Ainsi, 11 % des automobilistes basculeraient vers les transports en commun si la hausse se prolongeait. En outre, 16 % des personnes interrogées achèteraient un véhicule électrique ou moins consommateur.
L’adaptation de l’offre publique s’avère nécessaire pour combler les vides dans les campagnes. Le groupe Keolis, à l’origine de l’étude, exploite notamment 23 réseaux de tramway et 12 réseaux ferroviaires. Les projets de RER métropolitains font partie des solutions avancées par les spécialistes. Les trajets quotidiens s’effectuent à 70 % en dehors des heures de pointe traditionnelles. Les lignes de car express doivent fonctionner de manière régulière toute la journée, y compris le week-end. Les cars express doivent offrir davantage de confort, des espaces pour les bagages et des solutions pour les vélos. L’offre de transport en commun aura beaucoup de mal à être compétitive dans certaines configurations rurales. Ce basculement vers les énergies propres est jugé légitime et normal par David O’Neill, directeur marketing de Keolis.
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