Le prix du diesel aux États-Unis a franchi pour la première fois de son histoire le seuil de 6 dollars le gallon (3,785 litres), sous l’effet de la guerre impliquant les États-Unis et l’Iran, des tensions au Moyen-Orient et des attaques ukrainiennes contre des raffineries russes qui ont fortement resserré l’offre. Selon Reuters, cette hausse intervient alors que les industries dépendantes du diesel voient déjà leurs coûts augmenter et que les tensions sur les chaînes d’approvisionnement se renforcent.
Dans le même temps, les cours du pétrole brut poursuivent leur progression. Lors des échanges de vendredi, le Brent s’établissait à 108,68 dollars le baril et le WTI américain à 103,45 dollars. Les deux références se dirigent vers une clôture hebdomadaire au-dessus de 100 dollars pour la première fois depuis la mi-mai, avec une progression proche de 13 % sur la semaine.
Des marchés pétroliers sous tension et des stocks toujours limités
La hausse des prix du pétrole reste alimentée par plusieurs facteurs géopolitiques. Les attaques contre le trafic maritime au Moyen-Orient, les restrictions dans le détroit d’Hormuz, la prise de contrôle du port yéménite de Mocha par les Houthis ainsi que les frappes contre des installations énergétiques saoudiennes entretiennent les craintes d’une perturbation durable de l’approvisionnement mondial.
Le marché du gasoil subit aussi des tensions propres au raffinage. Même lorsque le pétrole brut est disponible, le prix du diesel dépend de la capacité des raffineries à transformer ce brut en carburant routier et en produits distillés. Or cette capacité est sous pression avec l’interdiction des exportations russes de diesel, alors que plusieurs raffineries restent à l’arrêt après des attaques de drones ukrainiens. Les restrictions sur les exportations chinoises de carburants contribuent elles aussi à maintenir une offre limitée. Aux États-Unis, les stocks de distillats restent environ 13 % sous leur moyenne des cinq dernières années, à 106,3 millions de barils. Les marges de raffinage du diesel ont atteint un niveau record de 112,17 dollars par baril et, selon les analystes, la reconstitution des stocks devrait rester difficile au cours des prochains mois avec le début de la maintenance saisonnière des raffineries.
Du côté du marché pétrolier, la poursuite de la hausse dépendra également de la demande chinoise. Les analystes estiment qu’une poursuite des achats par le premier importateur mondial de brut accentuerait encore les tensions sur l’offre. L’OPEP a, de son côté, abaissé sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2026 à 380.000 barils par jour, soit sa cinquième révision baissière consécutive, tandis que la production du cartel a diminué de 640.000 barils par jour en août.
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