Ah, le bagage cabine, ce petit rectangle de tissu censé ne pas dépasser 10 kilos, mais qui, au Maroc, en pèse toujours au moins le double. Entre les caftans, les gâteaux, les câbles, les dattes, les souvenirs, et le chargeur “au cas où”, notre valise devient vite un concentré de notre culture : généreuse, débordante et impossible à fermer. À l’aéroport Mohammed V, on assiste souvent à un ballet comique, passagers qui compressent leur valise avec un genou, agents qui détournent poliment le regard, et balances qui pleurent intérieurement. Parce que oui, au Maroc, on ne voyage jamais léger : on transporte la maison, le pays et parfois même un tajine.
Et pourtant, on le sait tous : la règle des 10 kilos, c’est un mythe qu’on respecte uniquement quand on voyage avec une compagnie low-cost. Là, bizarrement, tout le monde devient ingénieur en aérodynamique du bagage : on pèse, on vide, on met les chaussettes dans la poche du manteau, et le chargeur dans la casquette. Les plus malins optent pour la fameuse “technique de la veste lourde”, celle où tu portes trois couches de vêtements juste pour gagner de la place. Résultat : tu embarques épuisé, mais victorieux.
Derrière cette comédie du bagage cabine se cache en réalité une grande vérité à la marocaine : on aime partager, ramener, offrir. Voyager, pour beaucoup, ce n’est pas juste changer d’air, c’est transporter un peu de soi, et souvent beaucoup des autres. Alors, la prochaine fois qu’un agent te dit “monsieur, c’est trop lourd”, souris-lui. Parce que ce qu’il ne sait pas, c’est que dans ce bagage, il y a un bout de ton pays… et peut-être aussi une boîte de cornes de gazelle bien cachée entre deux t-shirts.
Audi RS 5 sur les routes de Marrakech