Le gouvernement chinois a suspendu l’octroi de nouveaux permis pour les robotaxis suite à un incident de circulation impliquant la flotte de Baidu. Cette mesure radicale survient après l’arrêt simultané d’environ 200 véhicules du programme Apollo Go, perturbant lourdement le trafic dans la ville de Wuhan. Des rapports médiatiques précisent que les autorités exigent désormais une auto-inspection complète de la part de tous les acteurs du secteur de la conduite autonome.
Une panne logicielle massive au cœur des préoccupations
L’incident du 31 mars a provoqué l’immobilisation brusque de centaines de voitures sans chauffeur en plein cœur d’une zone urbaine dense. Cet événement a généré d’importants embouteillages, bien que la police locale confirme qu’aucune blessure n’a été signalée lors de ce dysfonctionnement. Cependant, l’impact médiatique de cette panne systémique a immédiatement alerté les instances de régulation nationales sur la fiabilité des flottes actuelles.
Une erreur de manipulation interne expliquerait cet arrêt généralisé des unités en pleine exploitation commerciale. Les ingénieurs auraient envoyé une commande manuelle de collecte de données alors que les véhicules effectuaient leurs trajets habituels. Par ailleurs, cette maladresse technique a conduit les régulateurs à qualifier cet épisode d’incident de circulation majeur nécessitant une intervention immédiate de l’État.
Un durcissement réglementaire pour sécuriser l’innovation
Quatre organismes centraux, incluant plusieurs ministères, ont convoqué les dirigeants des principales entreprises technologiques pour une mise au point rigoureuse. Le pouvoir central impose une révision des protocoles afin de renforcer la sécurité des usagers sur la voie publique. Toutefois, cette suspension temporaire des autorisations pourrait ralentir les objectifs de croissance des constructeurs locaux sur le court terme.
La Chine comptait environ 4.500 voitures automatisées en service dans dix zones pilotes au début de l’année 2025. Les experts prévoyaient initialement une forte expansion du parc pour atteindre un demi-million d’unités d’ici la fin de la décennie. Néanmoins, le renforcement du contrôle administratif risque de retarder ce déploiement massif tout en augmentant les standards de sécurité pour les nouveaux entrants.
Des ambitions internationales maintenues malgré la crise
Les concurrents directs comme Pony.ai maintiennent leurs opérations habituelles dans les grandes métropoles malgré le gel des nouvelles licences pour les robotaxis. De son côté, la société WeRide a affirmé soutenir les efforts des autorités pour instaurer les normes de sécurité les plus élevées du marché. En outre, des groupes tels que Xpeng et Geely continuent d’afficher leurs ambitions dans le transport intelligent lors des récents salons automobiles mondiaux.
L’épisode de Wuhan rappelle un incident similaire connu par la firme Waymo aux États-Unis en décembre dernier. Ainsi, la gestion interne des flottes devient un enjeu crucial pour l’expansion des constructeurs chinois vers l’Europe et le Moyen-Orient. La capacité des entreprises à prouver la résilience de leurs systèmes dictera finalement le calendrier des prochaines autorisations officielles.
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