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L’Europe fait machine arrière sur la fin du thermique en 2035

BMW usine automobile

C’est un séisme pour l’industrie automobile mondiale et un signal fort pour le marché marocain. Sous la pression conjuguée des constructeurs et de plusieurs États membres, l’Union européenne a officiellement assoupli sa mesure phare : l’interdiction totale de la vente de voitures thermiques neuves en 2035 est abandonnée au profit d’une approche jugée plus « réaliste ».

Le virage du pragmatisme face à la crise

Initialement, le « Pacte vert » prévoyait un passage au 100 % électrique à l’horizon 2035. Mais face à la chute des ventes en Europe et à la difficulté des ménages à s’équiper en électrique, Bruxelles change de cap. Le commissaire européen Stéphane Séjourné évoque désormais une « nécessité pragmatique » pour préserver un secteur industriel en pleine zone de turbulences.

Ce qui change concrètement pour les constructeurs

L’objectif de neutralité carbone reste en ligne de mire, mais les règles s’assouplissent :

  • Maintien de l’hybride : Les moteurs thermiques et hybrides pourront encore être commercialisés après 2035.
  • Réduction des émissions : Les constructeurs devront réduire de 90 % les émissions de CO2 de leurs flottes, tout en compensant les 10 % restants.
  • Neutralité technologique : Des pays comme l’Allemagne et l’Italie ont obtenu gain de cause pour maintenir des technologies alternatives (carburants de synthèse, prolongateurs d’autonomie).

La menace chinoise en toile de fond

Ce recul stratégique est aussi une réponse à la montée en puissance fulgurante des marques chinoises, comme BYD. Ces dernières, portées par des prix ultra-compétitifs, gagnent rapidement des parts de marché en Europe et au Maroc. Pour contre-attaquer, l’UE souhaite instaurer une « préférence européenne » pour soutenir ses propres usines de batteries et ses sous-traitants.

Un impact direct sur le parc automobile marocain

Cette décision est capitale pour le Maroc, dont l’industrie automobile est étroitement liée à l’écosystème européen.

  1. Transition progressive : Le marché national, encore très attaché au thermique et à l’hybride pour des raisons de prix et d’infrastructure, disposera de plus de temps pour sa transition.
  2. Maintien des motorisations classiques : Les modèles produits ou importés d’Europe pourront continuer à intégrer des moteurs à combustion, sécurisant ainsi l’offre pour les consommateurs marocains.

L’électrique abordable : La nouvelle priorité

Pour ne pas laisser le champ libre à la concurrence asiatique, la Commission européenne mise désormais sur le développement de petits véhicules électriques à prix « abordables ». L’objectif est clair : rendre l’électrique accessible au plus grand nombre sans pour autant sacrifier la rentabilité des constructeurs historiques.

En résumé, si l’avenir reste branché, le moteur thermique s’offre un sursis inattendu, transformant la révolution électrique en une transition beaucoup plus douce.