Mercedes-Benz a développé autour de ses voitures d’occasion de collection une activité qui dépasse largement la conservation de son patrimoine. Mercedes-Benz Heritage tire des revenus de la vente de véhicules, des pièces détachées, des services liés aux modèles anciens et du musée de la marque. L’entité indique être financièrement autonome dans son fonctionnement courant et rentable dans son ensemble.
Cette organisation repose sur un modèle particulier. Mercedes-Benz verse chaque année une somme à Heritage pour assurer la garde de sa flotte historique, mais ce montant est exclu de son budget d’exploitation. Les autres activités doivent donc générer leurs propres recettes.
Marcus Breitschwerdt, PDG de Mercedes-Benz Heritage, a expliqué à Newsweek que la restauration de véhicules anciens ne devait pas être considérée comme une activité nécessairement déficitaire. Il présente ce marché comme le segment le plus haut de gamme du commerce de voitures d’occasion, avec des activités allant de l’achat à la restauration, puis à la revente et à la fourniture de pièces.
Des ventes, des pièces et un musée pour financer l’activité
Mercedes-Benz Heritage ne se limite pas à une mission de communication autour de l’histoire de la marque. L’activité comprend notamment la vente de véhicules, les pièces détachées, les prestations de service et l’exploitation du musée Mercedes-Benz.
« Notre rôle va au-delà de la communication et du patrimoine de la marque », a déclaré Marcus Breitschwerdt à Newsweek. Selon lui, l’ensemble de ces activités permet à la structure d’être « financièrement autonome et rentable dans son ensemble ».
Les revenus générés ont notamment servi à développer les capacités techniques, les installations et les services proposés. L’objectif est aussi de pouvoir répondre aux demandes de clients privés souhaitant entretenir ou restaurer des Mercedes anciennes.
Les ateliers de Fellbach ont doublé de superficie
Le site de Mercedes-Benz Heritage à Fellbach, au nord-est de Stuttgart, a été rénové et agrandi au cours des dernières années. Les surfaces consacrées au stockage et aux ateliers, qui représentaient initialement environ 1.672 mètres carrés, ont doublé.
Cette extension permet de prendre en charge davantage de véhicules de clients tout en assurant l’entretien de la flotte historique de Mercedes-Benz, qui compte plus de 1.100 voitures. Les restaurations sont réalisées avec un mélange de méthodes traditionnelles et de techniques plus récentes, selon les besoins de chaque projet.
Les nouvelles installations n’ont pas été conçues uniquement pour les modèles les plus anciens. Elles doivent aussi permettre, à terme, d’entretenir et de restaurer les Classe S actuelles de la même manière que les générations historiques.
La prise en charge future des véhicules électriques à batterie a également été intégrée dans la conception des ateliers. Lorsque les modèles électriques actuels entreront à leur tour dans le patrimoine de Mercedes-Benz, les installations devront être capables de les entretenir et de les restaurer.

Des ventes aux enchères à plusieurs dizaines de millions de dollars
Mercedes-Benz Heritage renforce également sa présence dans plusieurs événements consacrés aux voitures de collection. La marque participe notamment à la Mille Miglia et au Concours d’Élégance de Pebble Beach. Un Mercedes-Benz Studio a aussi été ouvert à Pékin, tandis que le réseau Mercedes-Benz Classic Partner a été étendu aux Émirats arabes unis avec Gargash Enterprises.
Mercedes-Benz a également décidé de vendre certains véhicules de sa propre collection dans le cadre d’ajustements internes. Plusieurs de ces ventes, organisées par RM Sotheby’s, ont atteint des montants particulièrement élevés.
En 2022, une Mercedes-Benz 300 SLR Uhlenhaut Coupé de 1955 a été vendue pour 143 millions de dollars. Une W 196 R Stromlinienwagen de 1954 a atteint 51,15 millions de dollars en 2025, tandis qu’une Semmering Rennwagen de 1908, équipée d’un moteur de 17,3 litres, a été adjugée pour 8,25 millions de dollars la même année.
Ethan Gibson, responsable de la communication chez RM Sotheby’s, a expliqué à Newsweek que la valeur de ces voitures ne se résumait pas à leur prix. Il cite notamment la 300 SLR Uhlenhaut Coupé, produite à seulement deux exemplaires et restée près de 70 ans dans les collections de Mercedes-Benz.
Pour illustrer leur rareté, Gibson compare l’arrivée de tels modèles sur le marché à celle d’une œuvre de Léonard de Vinci qui sortirait soudainement d’une collection de musée pour être proposée à la vente. Il les décrit comme des pièces historiques irremplaçables plutôt que comme de simples automobiles coûteuses.
Le patrimoine intégré à un écosystème plus large
Selon Newsweek, cette activité s’inscrit dans un écosystème où le musée, les voitures de collection ainsi que les ventes de véhicules neufs et d’occasion se renforcent mutuellement. L’intérêt pour les modèles historiques peut ainsi maintenir le lien entre les passionnés et la marque bien au-delà de la simple visite d’un musée.
Mercedes-Benz met également ce patrimoine en avant à travers le 140 Places Tour, une tournée mondiale d’environ 81.000 km. Le parcours réunit des véhicules allant de la Classe S actuelle à une réplique de la Patent Motorwagen de 1896.
Cette tournée a traversé plusieurs villes liées à l’histoire de Mercedes-Benz. Elle doit s’achever ce week-end à Stuttgart, au musée de la marque.
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