Le Mondial de l’Auto de Paris prépare sa 91e édition, organisée du 12 au 18 octobre 2026 au Parc des Expositions de la Porte de Versailles. La journée du lundi 12 octobre sera réservée à la presse, avant l’ouverture au public du mardi au dimanche. L’événement occupera cinq espaces principaux et réunira plus de 60 constructeurs.
Renault Group présentera 50 véhicules et concept-cars, dont six nouveautés, sur quatre stands totalisant 5.000 m². Renault et Dacia — deux marques particulièrement ancrées dans le paysage automobile marocain — y côtoieront Alpine et Renault Pro+. Stellantis exposera pour sa part plus de 60 véhicules à travers huit marques. Mercedes-Benz, Volkswagen, Kia, Ford ou encore Honda ont également confirmé leur présence avec un stand propre. Toyota sera pour sa part présente au sein de la Fabrique de l’Innovation de la PFA, où elle exposera notamment la Yaris Cross, sans disposer d’un stand de marque dédié.
Les marques chinoises occuperont une place importante dans cette édition, avec notamment BYD, Denza, Geely, Zeekr, Xpeng, Changan, Chery ou Omoda & Jaecoo. Cette montée en puissance trouve aussi un écho au Maroc, où les marques chinoises représentaient 11,8 % des immatriculations de voitures particulières à fin septembre 2026, contre 5,8 % un an auparavant. À l’inverse, plusieurs acteurs majeurs ont renoncé au rendez-vous parisien : BMW et Mini ont annulé leur participation, tandis que Ferrari et Porsche n’auront pas de stand.
1898 : quand les « voitures sans chevaux » passent l’examen d’entrée
Il faut remonter à 1898 pour retrouver l’origine du rendez-vous parisien. Sous des tentes installées au Jardin des Tuileries, une exposition internationale d’automobiles est organisée par l’Automobile Club de France.
L’accès à l’exposition est soumis à une condition particulière. Les véhicules doivent effectuer l’aller-retour Paris-Versailles, soit une quarantaine de kilomètres, sans panne afin d’être admis par le comité organisateur.
L’exposition réunit plus de 200 exposants et attire environ 140.000 visiteurs. Des constructeurs comme Peugeot, Daimler ou Benz y présentent leurs véhicules aux côtés de nombreuses entreprises dont les noms ont depuis disparu. Des modèles à propulsion électrique sont déjà présents parmi les solutions techniques explorées à la fin du XIXe siècle.
Le Grand Palais, nouveau cadre du Salon
À partir de 1901, le Salon s’installe au Grand Palais. La nef du bâtiment accueillera la manifestation pendant plusieurs décennies.
Pendant l’entre-deux-guerres, l’événement accompagne le développement de l’industrie automobile et de la carrosserie française. Les constructeurs présentent leurs nouveaux modèles tandis que les carrossiers exposent des réalisations conçues sur des châssis fournis par les marques.

L’histoire du Salon sous la verrière reste toutefois marquée par les conflits mondiaux. La manifestation est interrompue une première fois pendant la Première Guerre mondiale, entre 1914 et 1918, puis connaît une seconde suspension entre 1939 et 1945.
Le Salon rouvre ses portes le 3 octobre 1946 dans une France encore soumise au rationnement et aux difficultés de l’après-guerre. En dix jours, 810.000 visiteurs sont recensés.
1948 et 1955 : deux modèles qui marquent le Salon
L’édition de 1948 reste associée à la présentation publique de la Citroën 2CV. Dévoilée le 7 octobre, la petite voiture française avait été pensée autour d’un cahier des charges privilégiant simplicité, économie d’utilisation et aptitude à circuler sur des routes encore très inégales.
Sept ans plus tard, Citroën choisit de nouveau le Salon de Paris pour présenter une nouveauté majeure. Le 6 octobre 1955, la DS 19 est dévoilée au Grand Palais. Dessinée par Flaminio Bertoni, elle se distingue notamment par son aérodynamisme, sa suspension hydropneumatique et plusieurs choix techniques inhabituels pour l’époque.
Selon les récits historiques consacrés au lancement de la DS, 749 commandes auraient été enregistrées dans les 45 premières minutes. DS Automobiles rapporte pour sa part, sous la forme d’une légende devenue indissociable du modèle, près de 12.000 commandes à la fin de la première journée et environ 80.000 à la clôture du Salon.
Ces deux lancements illustrent la place qu’occupait alors le rendez-vous parisien dans la présentation des nouveaux modèles au public européen.
1962 : direction la Porte de Versailles
La fréquentation du Salon augmente fortement après la Seconde Guerre mondiale. Le seuil du million de visiteurs est franchi pour la première fois en 1954, tandis que le Grand Palais devient progressivement trop contraignant pour accueillir l’ensemble des exposants.
En 1962, le Salon de l’Automobile quitte le Grand Palais pour le Parc des Expositions de la Porte de Versailles, où il se déroule encore aujourd’hui.
Après l’édition de 1976, la manifestation adopte un rythme biennal et revient à partir de 1978 les années paires. En 1988, elle prend officiellement le nom de Mondial de l’Automobile, une appellation destinée à accompagner son positionnement international.
La fréquentation reste particulièrement élevée durant les décennies suivantes. En 1994, le Mondial accueille 1.027.666 visiteurs.
Paris comme lieu de présentation des nouveautés
L’histoire du Salon est jalonnée de modèles qui y ont effectué leurs débuts ou compté parmi les principales nouveautés de leur époque.
En 1968, Ferrari y présente la 365 GTB/4, connue par la suite sous le surnom de « Daytona ». L’édition 1982 rassemble plusieurs nouveautés importantes, parmi lesquelles la Citroën BX, l’Audi 100 et la Ford Sierra.
Les constructeurs français utilisent aussi régulièrement le rendez-vous parisien pour présenter leurs nouvelles générations. La Renault Clio y apparaît en 1990, suivie en 1992 par la Twingo, dont l’architecture monocorps et l’aménagement intérieur participent à renouveler l’approche de la petite citadine.
En 1998, la Smart City-Coupé accompagne le lancement commercial de la jeune marque. Deux ans plus tard, la nouvelle Mini fait partie des nouveautés présentées à Paris.
En 2018, Peugeot dévoile pour sa part le concept e-Legend, associant un design directement inspiré de la 504 Coupé à une chaîne de traction électrique.
De l’annulation de 2020 au retour du public
En 2018, année du 120e anniversaire de la manifestation, le Mondial de Paris accueille plus d’un million de visiteurs.
L’édition 2020 est annulée dans le contexte de la crise sanitaire. Le Mondial ne retrouve la Porte de Versailles qu’en 2022, quatre ans après sa précédente édition.
Cette reprise s’effectue dans un format réduit et avec plusieurs grands constructeurs absents. La fréquentation atteint 397.812 visiteurs sur sept jours.
En 2024, la 90e édition enregistre 508.007 visiteurs. Plus de 3.300 essais routiers sont également comptabilisés pendant la manifestation.
Ces évolutions interviennent alors que les grands salons automobiles européens doivent composer avec de nouvelles stratégies de communication des constructeurs, le développement des présentations numériques et la multiplication des événements organisés directement par les marques.
2026 : une édition élargie
L’édition 2026 réunira plus de 60 constructeurs et accordera aussi une place aux entreprises travaillant sur de nouvelles technologies liées à la mobilité.
Le programme comprend notamment un espace consacré aux jeunes entreprises innovantes ainsi que des démonstrations et essais autour des technologies de conduite automatisée. Les véhicules électriques, hybrides et les nouvelles architectures logicielles occuperont également une place importante parmi les nouveautés annoncées.
Cette évolution reflète les transformations du secteur automobile, dont les salons présentent désormais autant les motorisations et les véhicules que les logiciels, les services numériques et les nouvelles formes d’assistance à la conduite.
Paris est-il vraiment le plus ancien salon automobile ?
La question du titre de plus ancien salon automobile au monde dépend de la définition retenue.
Paris fait remonter son histoire à l’Exposition internationale organisée aux Tuileries en 1898. L’IAA allemande documente toutefois une exposition automobile organisée à Berlin dès le 30 septembre 1897, au cours de laquelle huit véhicules avaient été présentés.
La qualification de « plus ancien salon automobile » dépend donc du périmètre retenu, de la nature des premières manifestations et de la continuité historique attribuée à chacune d’elles.
Cent vingt-huit ans après l’exposition des Tuileries, le rendez-vous parisien reste un témoin des transformations successives de l’industrie automobile, des premières motorisations de la fin du XIXe siècle aux architectures électriques et aux technologies de conduite automatisée actuelles.
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