Le géant mondial Stellantis dévoile une feuille de route financière de cinq ans pour transformer en profondeur son organisation et accélérer sa croissance. Ce plan quinquennal s’appuie sur une allocation rigoureuse du capital afin de maximiser la création de valeur globale. L’équipe dirigeante a présenté les six piliers fondamentaux de cette feuille de route stratégique lors de l’Investor Day organisé dans le Michigan.
Désormais, le groupe se concentre sur l’efficacité de ses investissements pour soutenir sa rentabilité opérationnelle future. Le constructeur prévoit l’introduction de plus de 60 nouveaux véhicules et 50 restylages majeurs d’ici la fin de la décennie. Ce catalogue diversifié comprendra notamment 29 véhicules 100 % électriques, 15 modèles hybrides rechargeables ou électriques à autonomie étendue, 24 véhicules hybrides et 39 modèles thermiques ou hybrides légers.
Un recentrage des marques et des investissements technologiques
La restructuration de ce secteur automobile repose sur un ciblage précis des quatre enseignes mondiales que sont Jeep, Ram, Peugeot et FIAT. Ces filiales stratégiques capteront 70 % des enveloppes financières conjointement avec la division des véhicules utilitaires Pro One. Les cinq marques régionales comme Citroën, Opel ou Alfa Romeo conserveront leur forte différenciation locale.
DS Automobiles et Lancia seront pilotées respectivement par Citroën et FIAT en tant que marques de spécialité. Maserati bénéficiera également d’un renforcement de son avenir avec deux nouveaux véhicules du segment E. Une feuille de route détaillée sera présentée à Modène en décembre 2026.
Par ailleurs, l’entreprise allouera plus de 24 milliards d’euros, soit 40 % du total, aux plateformes, motorisations et technologies nouvelles à vocation mondiale. Trois plateformes majeures, dont la nouvelle STLA One, soutiendront la moitié de la production annuelle globale. L’intégration de l’intelligence artificielle permettra également le déploiement progressif des logiciels STLA Brain, STLA SmartCockpit et STLA AutoDrive dès 2027.
À partir de 2030, 35 % des volumes annuels mondiaux seront équipés d’au moins l’une de ces technologies. Cette proportion devrait ensuite dépasser 70 % à l’horizon 2035. Le groupe affirme vouloir privilégier une technologie utile, pensée pour améliorer le quotidien des clients plutôt que pour multiplier les innovations sans usage concret.
Des alliances stratégiques et une optimisation industrielle globale
L’optimisation des usines de l’industrie automobile permettra de relever le taux d’utilisation des capacités à 80 % en Europe et aux États-Unis. La firme réduira la capacité industrielle européenne de plus de 800.000 unités par la reconversion de certains sites comme celui de Poissy et par le développement de partenariats industriels. Cette réorganisation doit préserver les emplois industriels tout en améliorant l’efficacité du dispositif productif.
Des collaborations avec Leapmotor à Madrid et Saragosse, ainsi qu’un projet européen avec Dongfeng à Rennes, doivent accompagner les futures exigences du Made-in-Europe. Avec Dongfeng, Stellantis prévoit aussi de produire deux modèles Peugeot et deux modèles Jeep au sein de la coentreprise DPCA en Chine. Toutefois, l’expansion internationale s’accélérera également grâce à des synergies de production accrues avec Tata en Asie-Pacifique, au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique du Sud.
Stellantis poursuit aussi des partenariats stratégiques dans les logiciels, l’intelligence artificielle, les systèmes d’aide à la conduite et les batteries. Le groupe cite notamment Applied Intuition, Qualcomm, Wayve, NVIDIA, Uber, Mistral AI et CATL parmi les acteurs appelés à compléter ses compétences internes. Ces alliances doivent accélérer le développement des véhicules et élargir les options technologiques du constructeur.
Le programme pluriannuel réduira les coûts annuels de 6 milliards d’euros d’ici 2028 par rapport aux résultats de l’exercice 2025. Le cycle de développement des futurs modèles diminuera également de 40 à seulement 24 mois pour gagner en agilité. L’IA jouera un rôle central dans cette exécution, avec déjà plus de 120 applications déployées dans les opérations du groupe.
Les objectifs régionaux traduisent cette volonté d’adaptation locale. En Amérique du Nord, Stellantis vise une hausse de 25 % du chiffre d’affaires et une marge opérationnelle ajustée de 8 à 10 %. En Europe élargie, la croissance visée atteint 15 %, avec une marge comprise entre 3 et 5 %. En Amérique du Sud, le groupe table sur une progression de 10 % du chiffre d’affaires et une marge de 8 à 10 %. Au Moyen-Orient et en Afrique, l’objectif atteint 40 % de croissance et une marge de 10 à 12 %, tandis que la région Asie-Pacifique vise une marge comprise entre 4 et 6 %.
Audi RS 5 sur les routes de Marrakech