La transition vers les voitures électriques suscite des difficultés concrètes dans les déplacements officiels liés à plusieurs cabinets de commissaires européens. Selon les informations de Politico et Bild, des collaborateurs de plusieurs cabinets font état d’une forte frustration. Les trajets d’environ 440 kilomètres entre Bruxelles et Strasbourg s’allongent en raison des contraintes de recharge des batteries. Cette situation intervient alors que l’Union européenne prévoit de limiter fortement les motorisations thermiques dans les prochaines années.
Un calendrier contraignant face aux réalités du terrain
À partir de 2035, l’Union européenne prévoit de ne plus autoriser les voitures neuves à essence, diesel, hybrides ou fonctionnant au gaz. Les modèles électriques et à hydrogène resteront admis sur le marché automobile. Une exception pour les véhicules fonctionnant aux carburants synthétiques demeure possible, mais cette option est considérée comme irréaliste en raison de diverses restrictions réglementaires. Dès 2030, Bruxelles prévoit également une électrification quasi obligatoire des voitures de fonction, alors que ni la Chine ni les États-Unis ne prévoient d’interdiction similaire pour les moteurs à combustion.
D’ici 2027, la flotte de 128 véhicules officiels doit être composée de modèles dits sans émissions. Environ 80 % des voitures sont actuellement électriques au sein de ce parc automobile institutionnel. Cependant, le bilan réel en CO2 et en polluants dépend de la manière dont l’électricité utilisée est produite, l’absence d’émissions étant seulement garantie au niveau du pot d’échappement.
Les véhicules ne parviennent souvent pas à couvrir le trajet de 440 kilomètres sans recharge intermédiaire. Cela conduit à prévoir une pause à Luxembourg et allonge un déplacement déjà estimé à environ cinq heures. Par conséquent, les collaborateurs de huit cabinets différents expriment leur mécontentement face à ces trajets rendus plus laborieux par les arrêts de recharge.
Des alternatives logistiques écartées par les cabinets
Selon les informations rapportées, la proposition de rouler moins vite afin d’augmenter l’autonomie a été écartée, car elle pourrait porter le temps de trajet à sept heures. Une liaison en train n’est pas non plus jugée pertinente, car elle ne permettrait pas de mener des conversations confidentielles pendant le trajet.
Des voitures électriques plus modernes, développées notamment par BMW, Mercedes ou Tesla, approchent pourtant désormais la barre des 800 kilomètres d’autonomie théorique. Ainsi, un modèle comme le BMW iX3 atteindrait environ 500 kilomètres d’autonomie en usage autoroutier entre 120 et 150 km/h. Ce rayon d’action lui permettrait de couvrir la liaison entre Strasbourg et Bruxelles d’une seule traite.
Cette comparaison met en évidence l’écart entre les contraintes rencontrées lors de certains déplacements officiels et les performances annoncées pour des modèles électriques plus récents. Dans le cas rapporté par les mêmes sources, la pause de recharge à Luxembourg reste néanmoins associée aux trajets entre Bruxelles et Strasbourg effectués avec les véhicules actuellement utilisés par les cabinets concernés.
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