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Le prix du pétrole franchit les 120 dollars, son plus haut niveau depuis 2022

Le prix du pétrole franchit les 120 dollars, son plus haut niveau depuis 2022

Le marché mondial du pétrole subit actuellement une forte pression suite aux dernières évolutions géopolitiques au Moyen-Orient. Selon la BBC, le prix du baril de Brent a franchi le seuil symbolique des 120 dollars mercredi. Cette ressource énergétique a même atteint un pic à 122 dollars, ce qui constitue sa valeur la plus élevée enregistrée depuis l’année 2022. Les opérateurs semblent réagir à la préparation par Washington d’un blocus étendu des ports iraniens. Cette mesure vise à accentuer la pression sur l’économie de Téhéran tout en limitant les flux de brut vers les marchés internationaux.

Le détroit d’Hormuz reste au cœur de toutes les inquiétudes puisqu’il assure d’ordinaire le transit d’un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel liquéfié. Téhéran a menacé de cibler tout navire s’approchant de cette zone maritime névralgique en réponse aux frappes américaines et israéliennes. En conséquence, le conflit perturbe sévèrement les échanges commerciaux et la navigation dans la région depuis plusieurs semaines. Les marchés semblent désormais intégrer l’idée que cette situation de blocage pourrait durer plus longtemps que prévu initialement. Le prix du baril reste ainsi largement supérieur aux niveaux constatés avant le déclenchement des hostilités le 28 février dernier.

Le président américain Donald Trump a rencontré les dirigeants des grandes compagnies pétrolières, dont le chef de la direction de Chevron, Mike Wirth. Ils ont discuté des moyens permettant de limiter les retombées du conflit sur les consommateurs américains. Les cadres de l’industrie ont abordé la production domestique, les contrats à terme et le transport maritime lors de cette réunion à la Maison-Blanche. Cependant, les traders interprètent ces échanges comme le signe d’une fermeture effective du détroit qui pourrait se prolonger.

La Banque mondiale prévoit une hausse globale des prix de l’énergie de 24 % pour l’année 2026 si les perturbations les plus aiguës provoquées par la guerre impliquant l’Iran prennent fin en mai. Ce niveau de prix serait inédit depuis l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine il y a maintenant quatre ans. De plus, les marchés boursiers européens ont réagi négativement à ces incertitudes avec des baisses notables sur les principaux indices financiers mercredi. Les investisseurs doivent maintenant intégrer la probabilité d’un blocus maritime prolongé dans leurs anticipations de marché. Les analystes de chez XTB soulignent que le marché doit désormais chiffrer les risques liés à un blocus prolongé.

Les États-Unis basculent vers l’exportation massive de brut

Cette raréfaction de l’offre pousse les raffineurs internationaux à chercher des sources d’approvisionnement alternatives pour sécuriser leurs stocks de produits pétroliers. Face à cette demande urgente, les États-Unis sont devenus des exportateurs nets de pétrole brut pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale. Les volumes expédiés vers l’étranger ont atteint le record historique de 6,44 millions de barils par jour la semaine dernière selon Reuters. Cette situation marque un tournant majeur puisque le pays exporte désormais plus de pétrole qu’il n’en importe sur une base hebdomadaire. Les cargaisons américaines rejoignent massivement les raffineries européennes et asiatiques plus dépendantes du brut des Amériques après l’arrêt des flux via le détroit d’Hormuz.

Dès lors, ce dynamisme sans précédent à l’exportation entraîne une diminution rapide des stocks commerciaux sur le territoire américain. Les inventaires domestiques ont chuté de 6,2 millions de barils, dépassant largement les prévisions initiales des analystes du secteur énergétique. Les stocks d’essence baissent également pour la onzième semaine consécutive, portant les contrats à terme sur l’essence américaine à leur plus haut niveau depuis 2022. Ainsi, la priorité accordée aux marchés étrangers réduit mécaniquement les volumes disponibles pour le stockage local avant la période de forte consommation estivale. Les stocks de brut au centre de livraison de Cushing, dans l’Oklahoma, rapportent eux aussi une baisse notable.

Les réserves de produits distillés, comprenant le gazole et le fioul domestique, ont diminué de 4,5 millions de barils durant cette période de forte tension. Les raffineries ont légèrement augmenté leur cadence, tandis que les niveaux de stockage restent sous pression. La consommation globale de produits pétroliers a grimpé de 1,4 million de barils par jour selon les dernières données administratives américaines. Par conséquent, les marchés à terme du pétrole continuent leur progression rapide dans ce contexte de tensions sur l’offre et les stocks. Les investisseurs surveillent étroitement l’évolution des stocks alors que la saison des déplacements routiers approche à grands pas.