Le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) alertent sur un risque de pénurie de pétrole cet été si le trafic dans le détroit d’Ormuz ne reprend pas rapidement. Selon l’AFP, l’approvisionnement mondial est gravement menacée par la fermeture de ce passage stratégique qui expose particulièrement les pays les plus vulnérables sur le marché du pétrole.
Désormais, dans un communiqué commun publié ce vendredi 29 mai 2026, après une réunion de leurs dirigeants, les quatre organisations internationales tirent la sonnette d’alarme. Elles soulignent notamment que « les stocks mondiaux de pétrole se réduisent à un rythme record ». Cette baisse dramatique est provoquée par la perte majeure de livraisons quotidiennes passant par cette zone.
Les institutions préviennent également que la réduction rapide et continue des réserves ferait peser un risque accru sur la sécurité énergétique globale. Plus largement, la résistance de l’économie mondiale pourrait être fortement ébranlée avant le pic de demande de l’été dans l’hémisphère nord.
La fermeture d’Ormuz après l’attaque contre l’Iran
Cette situation trouve son origine dans l’attaque menée fin février par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran. En réponse, le détroit d’Ormuz a été fermé par Téhéran pour bloquer la navigation commerciale. Environ 20 % des hydrocarbures mondiaux transitent habituellement par ce passage maritime unique.
Cependant, cette réduction de l’offre affecte en priorité les pays émergents et en développement, notamment sur le continent africain et en Asie. Certains d’entre eux ont déjà adopté des mesures destinées à limiter leur consommation intérieure de carburant. L’incertitude persiste toujours sur la reprise effective du trafic maritime régional.
Le détroit, partagé par l’Iran et le sultanat d’Oman, constitue l’un des axes les plus stratégiques du commerce énergétique mondial. Sa fermeture prive le marché d’une part importante des livraisons habituelles, au moment où la demande estivale doit augmenter dans l’hémisphère nord.
Un choc plus lourd pour les pays vulnérables
Le FMI, la Banque mondiale, l’AIE et l’OMC rappellent que, même si l’économie mondiale continue de résister, les effets du conflit touchent de manière disproportionnée les pays les plus vulnérables. Par ailleurs, ces Etats fragiles sont directement exposés à la hausse des prix du pétrole et des engrais.
Lors des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, organisées à la mi-avril, la directrice générale du Fonds, Kristalina Georgieva, avait pris la parole. L’institution financière internationale se tenait alors prête à répondre à une augmentation des demandes d’aide de la part des pays en difficulté.
Elle estimait qu’une enveloppe supplémentaire comprise entre 20 et 50 milliards de dollars pourrait être rendue nécessaire par les conséquences de la guerre. Toutefois, cette perspective intervient alors que plusieurs économies subissent à la fois la pression sur leurs approvisionnements énergétiques et l’augmentation du coût de produits essentiels.
Un cessez-le-feu a été conclu entre les trois belligérants, prolongé une première fois et jusqu’ici globalement respecté sur le terrain. Malgré le respect de cette trêve, Washington et Téhéran ne sont toujours pas parvenus à s’accorder sur un texte commun permettant de sortir définitivement de la crise. De son côté, les structures administratives nécessaires pour taxer sur la durée le trafic maritime ont été mises en place par l’Iran dans ce passage que la République islamique partage avec le sultanat d’Oman.
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