Alors que l’engouement pour les voitures électriques s’intensifie au Maroc, cette technologie est désormais perçue par de nombreux conducteurs comme l’avenir de la mobilité nationale. Cependant, franchir le pas dans le Royaume exige d’anticiper certains défis logistiques de taille. Bien que les avantages économiques soient indéniables, la question de l’infrastructure de recharge demeure le nerf de la guerre. Autonomie, réseau public et budget : nous décryptons tout ce qu’il faut connaître avant de réussir votre transition.
1. L’autonomie : Une gestion adaptée aux trajets marocains
Pendant longtemps, la peur de la « panne sèche » électrique a freiné les acheteurs. En effet, les modèles de dernière génération offrent désormais des rayons d’action confortables.
La plupart des véhicules actuels sont conçus pour couvrir entre 300 et 500 km en une seule charge. Toutefois, au Maroc, l’autonomie doit être analysée selon votre usage. Pour des trajets urbains à Casablanca ou Rabat, la batterie est peu sollicitée. En revanche, lors de longs trajets sur l’autoroute vers Agadir ou Tanger, la consommation est accentuée par la vitesse. Par conséquent, une planification rigoureuse est souvent imposée par la distance entre les points de recharge.
2. Le défi de la recharge : Un réseau encore très urbain
C’est le point le plus sensible pour les usagers marocains. D’abord, il faut souligner que le réseau de bornes publiques est actuellement concentré dans les grandes métropoles (Axe Casa-Rabat, Tanger, Marrakech).
Par ailleurs, les zones rurales et les petites villes souffrent encore d’un manque criant de prises accessibles. De ce fait, l’installation d’une Wallbox à domicile est considérée comme une étape obligatoire pour tout acheteur marocain. Grâce à cela, le véhicule est rechargé durant la nuit, évitant ainsi la dépendance aux infrastructures publiques encore limitées. Enfin, pour les voyages interurbains, les bornes de recharge rapide situées sur les aires de repos des autoroutes sont de plus en plus exploitées par les voyageurs.
3. Coûts : Est-ce réellement rentable au Maroc ?
Le prix d’achat d’un véhicule électrique est souvent perçu comme prohibitif. Cependant, le calcul doit être fait sur la durée totale de possession du véhicule.
En premier lieu, des économies majeures sont réalisées sur le carburant. Le prix du kilowattheure est nettement plus stable et avantageux que celui du litre de gasoil. En second lieu, des avantages fiscaux non négligeables sont offerts par l’État marocain, notamment l’exonération de la vignette et de la taxe de luxe. Ainsi, malgré un investissement initial élevé, la rentabilité est atteinte par les gros rouleurs après quelques années seulement.
4. Un entretien réduit par la simplicité mécanique
Sur le plan technique, la voiture électrique simplifie la vie du conducteur. Contrairement aux moteurs thermiques, aucune vidange n’est requise.
De surcroît, l’absence de boîte de vitesses complexe et de courroie de distribution réduit les risques de pannes lourdes. Il est aussi remarqué que les systèmes de freinage sont préservés par la technologie de récupération d’énergie. En fin de compte, seuls les pneumatiques et les filtres d’habitacle sont régulièrement remplacés, ce qui permet de diviser par deux les frais de maintenance habituels.
Le moment est-il venu de sauter le pas ?
Le passage à l’électrique au Maroc est une solution d’avenir, surtout pour les résidents des grandes villes possédant un garage privé. Bien que le réseau public soit encore en phase de déploiement, le confort de conduite et les économies d’usage sont indéniables. En définitive, si vos trajets se limitent principalement aux axes majeurs du pays, l’électrique est une option qui gagne à être étudiée.