La pilote helvético-italienne Simona de Silvestro redéfinit constamment les frontières de la performance. Connue mondialement pour ses exploits en compétition automobile, elle s’illustre désormais dans un univers radicalement différent : le bobsleigh. Après avoir dompté des monoplaces de 650 chevaux sur les circuits les plus rapides du monde, elle dévale aujourd’hui les couloirs glacés des Jeux Olympiques de Milano Cortina 2026. Ce passage des circuits de bitume aux pistes de glace marque une étape inédite dans une carrière déjà légendaire.
Un parcours d’exception dans l’élite du sport mécanique
Son palmarès au sein du sport mécanique est à la fois impressionnant et diversifié. Simona a participé à six reprises aux mythiques 500 miles d’Indianapolis, où elle a d’ailleurs été sacrée « Rookie of the Year » en 2010. Elle fut également la première femme à marquer des points dans le championnat électrique de la Formule E. De plus, son immense talent a été remarqué par les plus grands noms de la course automobile lorsqu’elle est devenue pilote d’essai pour l’écurie Sauber en Formule 1. Cependant, représenter l’Italie en bobsleigh aux Jeux Olympiques constitue pour elle la réalisation d’un rêve d’enfant, souvent jugé inaccessible.
Des 650 chevaux à la seule force humaine
Le défi technique est pourtant immense pour l’athlète de 37 ans. En effet, elle passe d’un moteur thermique surpuissant à sa seule force physique pour propulser son engin de compétition. « Je suis habituée à avoir 650 chevaux sous le capot, et soudain, il n’y a plus que moi », a-t-elle confié après ses épreuves de monobob cette semaine. La précision chirurgicale du pilotage reste toutefois un point commun fondamental entre ces deux disciplines de l’élite du volant. Par conséquent, une concentration absolue est exigée pour compenser chaque millième de seconde perdu lors de la poussée initiale sur la glace.

La pression olympique : l’écho d’Indianapolis
Par ailleurs, la pression ressentie lors des qualifications olympiques rappelle étrangement celle du mythique « Brickyard » d’Indianapolis. Selon de Silvestro, l’intensité nerveuse nécessaire pour qualifier un bobsleigh est tout à fait comparable à celle requise pour une place sur la grille de départ aux États-Unis. Une fois cette parenthèse hivernale refermée, un nouvel objectif est déjà fixé par l’Italo-Suisse : les 24 Heures du Mans. Cette épreuve légendaire du sport d’endurance est la seule grande ligne qui manque encore à son palmarès exceptionnel.
Simona de Silvestro continue de prouver que la quête de vitesse ne connaît aucune limite. Qu’elle soit au volant d’une monoplace technologique ou aux commandes d’un bobsleigh lancé à 130 km/h, elle demeure l’une des figures les plus fascinantes de la scène automobile mondiale. Son parcours inspire une nouvelle génération de pilotes à oser l’aventure, même au-delà des circuits traditionnels.