Le géant chinois BYD accélère ses discussions autour d’une possible entrée en Formule 1 après une rencontre à Cannes avec Christian Horner, l’ancien patron de Red Bull Racing. Cette initiative s’inscrit dans la volonté de la marque asiatique de renforcer sa visibilité à l’échelle internationale. Selon les informations du quotidien Financial Times, la direction cherche à obtenir des conseils auprès des grands experts du paddock. Les discussions restent toutefois discrètes et encore préliminaires pour le constructeur.
Des discussions stratégiques à un stade préliminaire
D’abord, Stella Li, la vice-présidente exécutive du groupe spécialisé dans les véhicules électriques, mène ces tractations confidentielles. La firme chinoise prévoit de rencontrer prochainement d’autres hauts responsables de la F1 ainsi que les dirigeants de la FIA. L’entreprise pourrait produire une unité de puissance, devenir cliente d’un fournisseur de moteurs, acheter une participation dans une équipe existante ou tenter d’ajouter une douzième écurie à la grille.
Cependant, les observateurs rappellent que les discussions restent à un stade très précoce sans aucune garantie de concrétisation finale. L’accès au championnat du monde nécessite des investissements financiers colossaux de plusieurs centaines de millions en droits d’entrée. Ainsi, le constructeur étudie minutieusement la rentabilité de l’opération avant de soumettre une éventuelle candidature officielle aux instances dirigeantes.
L’expansion globale et le marché stratégique chinois
Cette démarche coïncide avec une expansion rapide de la marque sur le marché européen où elle possède de grandes ambitions. BYD cherche à diversifier ses sources de profits en dehors de son marché domestique. Le constructeur utilise déjà le football mondial à travers des partenariats officiels avec Manchester City et l’Inter Milan. Ces accords publicitaires majeurs soutiennent le développement de la notoriété de l’entreprise à l’étranger.
De plus, la Chine représente un enjeu capital pour Liberty Media, le propriétaire américain de la catégorie reine depuis 2017. Le Grand Prix national à Shanghai a d’ailleurs prolongé son contrat jusqu’en 2030 avec une affluence de 230 000 spectateurs cette saison. L’épreuve était revenue au calendrier en 2024 après cinq ans d’absence liés à la pandémie de Covid-19. La discipline estime également disposer de plus de 150 millions de fans dans le pays.
L’annulation récente des courses de Bahreïn et d’Arabie saoudite en avril pousse les dirigeants à consolider leurs marchés les plus stables. Dans ce contexte, l’intérêt d’un constructeur chinois majeur représente un signal positif pour une discipline qui cherche à renforcer encore son ancrage mondial. Le public asiatique démontre un intérêt grandissant pour les nouvelles technologies développées par les écuries.
L’exemple de Cadillac et l’avenir de Christian Horner
L’arrivée récente de Cadillac en tant qu’onzième équipe au début de cette saison 2026 démontre la complexité d’un tel projet. La structure américaine, soutenue par General Motors et TWG Motorsports, occupe la dixième place du classement des constructeurs après quatre épreuves de la saison. Par ailleurs, BYD souhaite éviter les erreurs de débutant en s’entourant de profils expérimentés du plus haut niveau du sport automobile. L’expertise managériale s’avère indispensable pour bâtir une équipe compétitive à partir de zéro.
Cadillac s’est notamment appuyée sur des figures expérimentées comme Graeme Lowdon et Pat Symonds pour structurer son entrée dans la discipline. Cette approche illustre le niveau d’expertise nécessaire pour affronter les équipes déjà installées. Les discussions de BYD avec Horner montrent ainsi la volonté du constructeur de recueillir des avis auprès de personnalités ayant travaillé au sommet du sport automobile.
De son côté, Christian Horner explore plusieurs pistes pour revenir dans le monde de la compétition après son départ de Red Bull l’an dernier. L’ancien dirigeant étudie actuellement l’achat d’une part de 24 % dans l’écurie Alpine auprès de la société d’investissement Otro Capital. Son rôle de conseiller pour le fonds Oakley Capital lui permet également de suivre de près les opportunités commerciales. BYD, la direction de la discipline, la FIA et Horner ont refusé d’émettre le moindre commentaire sur ces informations.
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