L’avenir industriel de Stellantis en Europe est aujourd’hui en suspens. La nature des prochains investissements du groupe dépendra directement des nouvelles réglementations automobiles. Vendredi, le directeur Europe du constructeur a exprimé ses vives inquiétudes face aux récentes annonces de Bruxelles.
Une régulation jugée déconnectée de la réalité
Emanuele Cappellano, patron de Stellantis Europe, dénonce un « déalignement » préoccupant. Selon lui, les règles de l’Union européenne ne correspondent ni aux besoins des constructeurs, ni à la demande des clients. Bien que la Commission ait proposé de lever l’interdiction des moteurs thermiques en 2035, Stellantis juge ce plan insuffisant. Le PDG du groupe, Antonio Filosa, a d’ailleurs prévenu que cette instabilité mettait en péril les investissements régionaux.
L’urgence d’un marché en souffrance
Le constat est alarmant : le marché européen a perdu trois millions de véhicules depuis la pandémie de COVID-19. C’est la seule région au monde qui n’a pas retrouvé son niveau d’avant-crise. Pour Cappellano, le problème n’est pas dans dix ans, mais bien aujourd’hui. Il appelle l’UE à protéger son industrie face à la concurrence chinoise, notamment sur les batteries et les semi-conducteurs.
Quel avenir pour les 14 marques du groupe ?
Face aux interrogations sur la gestion des 14 marques du portefeuille, Stellantis reste prudent. Plusieurs analystes pointent du doigt une complexité excessive et des modèles qui se chevauchent. Emanuele Cappellano renvoie toutefois cette question au futur plan stratégique. Ce dernier sera présenté par Antonio Filosa au cours du deuxième trimestre 2026. La priorité actuelle reste de renforcer l’identité de chaque marque au sein de cette zone de turbulences.