Le Conseil de la concurrence a publié une note sur l’évolution du prix du carburant entre le 16 mars et le 1er avril 2026. Cette étude analyse précisément comment les variations des marchés internationaux se répercutent sur les tarifs à la pompe au Maroc. Néanmoins, le document souligne une intensification de la hausse des produits pétroliers raffinés sur cette période. L’autorité de la concurrence a comparé ces données avec la quinzaine précédente pour évaluer la réactivité des distributeurs.
Une transmission partielle des hausses mondiales du gazole
Les cotations internationales du gazole ont progressé de 2,18 DH/L durant la seconde quinzaine de mars. Cependant, les opérateurs nationaux ont appliqué une augmentation moyenne de 1,72 DH/L au niveau des stations-service. Ce décalage confirme une répercussion seulement partielle des hausses enregistrées sur les marchés européens. Les chiffres du mois de mars font ressortir un écart total de -1,35 DH/L entre les variations mondiales et domestiques.
Le Conseil explique ce phénomène par le maintien d’habitudes liées à l’ancien dispositif de régulation. Les distributeurs continuent majoritairement de réviser leurs tarifs les 1er et 16 de chaque mois malgré la libéralisation. Cette pratique historique constitue une explication centrale du décalage constaté lors des ajustements tarifaires. L’institution encourage une meilleure corrélation avec les réalités économiques propres à chaque opérateur.
L’essence soumise à une répercussion plus que proportionnelle
La situation de l’essence affiche une tendance différente avec une hausse supérieure aux variations des cours mondiaux. Les cotations internationales ont grimpé de 1,37 DH/L tandis que les tarifs à la pompe augmentaient de 1,53 DH/L. De plus, cet écart positif s’inscrit dans une stratégie de modulation entre les différents produits raffinés. Les opérateurs peuvent choisir de répercuter plus fortement les hausses sur ce combustible pour équilibrer leurs marges.
Toutefois, l’ampleur de ce mécanisme reste limitée car l’essence ne représente qu’environ 13 % du chiffre d’affaires global. Le gazole conserve une place largement prédominante dans la structure nationale des ventes d’hydrocarbures au Maroc. L’analyse comparative met en évidence une certaine asymétrie dans les mécanismes de transmission selon les produits. Cette asymétrie survient dans un contexte général de hausse soutenue sur les marchés de référence.
Vers une flexibilité accrue des pratiques tarifaires
L’autorité de la concurrence précise n’avoir relevé aucun comportement anticoncurrentiel de la part des sociétés pétrolières. Elle note que l’alignement des opérateurs sur des dates identiques tend à limiter la souplesse des prix. Cette situation peut conduire à des évolutions relativement uniformes entre les différents acteurs du secteur. Le maintien du calendrier bimensuel traditionnel apparaît donc de moins en moins pertinent dans un marché libre.
Ainsi, le Conseil souligne la nécessité d’adapter ces pratiques aux exigences de la concurrence effective. Les décisions de fixation des prix devraient mieux intégrer les spécificités logistiques propres à chaque distributeur. La fréquence des approvisionnements et les conditions contractuelles d’achat constituent des facteurs déterminants pour fixer les tarifs. Enfin, une meilleure gestion des stocks permettrait d’offrir des prix plus cohérents avec la réalité du marché national.
Pour une vision plus globale du marché, nous vous invitons à consulter l’intégralité de notre rapport trimestriel du Baromètre Carburant Maroc T1 2026.
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